HISTOIRE



François Auguste DELENGAIGNE, le plus grand mutilé de France

LA GRANDE GUERRE :

François Auguste DELENGAIGNE, le plus grand mutilé de France

Le 1er décembre 1915, il est affecté au 271e RI qui fait toujours partie de la 3e division d'infanterie. Sa division est alors en secteur aux Eparges et va connaître jusqu'en juin 1916, les soubresauts de la rude bataille de Verdun. Auguste est fait soldat de première classe le 16 juin.

Fin juin, la division est rentrée du front pour gagner la Picardie et dès le 23 jullet, elle est engagée dans la bataille de la Somme, vers Belloy-en-Santerre, ou l'on combat avec intensité jusq'à la fin septembre, puis sur un mode plus calme jusqu'en décembre. François-Auguste aurait reçu une citation à l'ordre du régiment le 26 septembre 1916.

Auguste Delengaigne, le 24 juillet 1921, lors de l'inauguration du monument aux morts d'Alquines.

Jusqu'en avril 1917, la division est au repos ou se trouve en secteur sur front devenu très calme de Lorraine. Elle fait mouvement le 8 avril 1917 vers le Chemin des Dames, mais elle n'est pas engagée dans la première phase de l'offensive qui sedéclenche le 16 avril, avec les déboires que l'on sait. Vers le 17 avril, elle est cependant en secteur vers Loivre, le nord de Gobat et le Mont Spin, dans les environs de Reims, devant le fort de Brimont. Des engagements violents s'y déroulent à partir du 4 mai, Auguste-François est déchiqueté par un obus qui explose près de lui. Il demeure figé dans un trou d'obus, pendant trois jours, jusqu'à ce qu'un poilu le découvre, plus mort que vif. Il le transporte jusqu'à un poste de secours, puis le 8 mai, le fait évacuer sur l'hôpital de Prouilly, point de départ d'un parcours hospitalier long et pénible. Il fallut l'amputer des deux jambes et de l'avant-bras gauche, l'énucléer de l'oeil droit, il devint aveugle et fut nécessairement réformé et dûment pensionné par le Centre spécial de réforme des Tourelles le 2 septembre 1918. Il se retira à Coulomby, avant d'habiter Alquines, sans doute chez sa soeur.

Il ne restait plus à l'institution militaire et à la République qu'à l'honorer comme il convenait. Une autre citation lui fut cécernée le 9 mai : "Soldat courageux et dévoué. A été grièvement blessé le 4 mai 1917 en se portant à l'assaut d'une tranchée ennemie. Déjà cité à l'ordre. On l'assortit de la Croix de Guerre avec palme il reçut la MEDAILLE MILITAIRE le 7 juillet 1917. Il fut rapidement CHEVALIER DANS L'ORDRE DE LA LEGION D'HONNEUR, par décret du 16 janvier 1921, puis officier le 17 nobembre 1933.

C'est lors de la remise de cette distinction et, grâce à la presse qui en rendit compte, qu'il retrouva le compagnon d'armes, de Conchil-le-Temple, qui l'avait secouru.

Programme de la cérémonie du 6 mai 1934 à Alquines.

M. Delengaigne le jour de sa remise de médaille.
A gauche, sa soeur Clémentine, à droite M. Delbasserue de Journy devant être décoré le même jour.

Rencontre avec le Roi et la Reine d'Angleterre :
Après un beau voyage en France, le Roi et le Reine embarquent à Calais. Avant de monter à bors de l' "Enchantress", le Roi et la Reine ont passé en revue des délégations d'anciens combattants; et voici que la Reine se pencha sur un grand mutilé français, M. DELENGAIGNE, d'Alquines, à qui elle dit quelques paroles de réconfort.

L'embarquement à Calais pour famille royale.

Auguste-François traina ses douleurs pendant de nombreuses années. Il fut président d'honneur de la Société des Anciens Combattants d'Alquines et mourut le 5 avril 1951. Son nom a été ajouté sur le Monument aux Morts et son nom à été donné à la place du village d'Alquines [VOIR ARTICLE].

Faire-part du décès du plus grand mutilé de guerre d'Alquines.