HISTOIRE



Un Aérodrome à Alquines

UNE AÉRODROME À ALQUINES

Le lundi 23 Janvier 2017, de 20h à 21h30, salle Pagnol, Maison des associations à Saint-Omer aura lieu une conférence qui aura pour thème : Les aérodromes britanniques de l'arrondissement de Saint-Omer pendant la première Guerre mondiale, par Charles Debascker (Vice président de la société des Antiquaires de la Morinie).

Durant la première Guerre mondiale l'armée britannique a construit environ 200 aérodromes militaires en France et en Belgique.

Dans l'arrondissement de Saint-Omer, M. Charles Debacker en a recensé 11 ayant eu une activité opérationnelle homologuée : Longuenesse, Aire-Trézennes, Clairmarais (2 terrains), Boisdinghem, Alquines, Drionville, Fauquembergues, Quelmes, Esquerdes et Reclinghem. Il faut y ajouter la base de ballons d'observation d'Arques.

Pour ces 12 sites, il a déterminé l'emplacement exact sur le cadastre des communes, retrouvé les périodes d'activités, les unités et les types d'avions présents, les héros et les faits d'armes qui y sont attachés. Il a aussi obtenu des Archives de l'aviation allemande de Munich, une collection de photos aériennes de ces aérodromes prises en 1917 et 1918, photos d'une finesse étonnante.

Cet exposé, accompagné d'une projection de nombreux documents, ne manqueras pas d'attirer les passionnés d'aviation mais aussi toutes les personnes intéressées par l'histoire locale.

Charles Debacker de la société des antiquaires de la Morinie, a recensé les aérodromes britanniques installés : pendant la première guerre mondiale dans l'arrondissement de Saint-Omer : « On en compte un douzaine et je suis parvenu à localiser la plupart d'entre eux sur les cadastres de communes … à l'exception de celui d'Alquines.

Ce dernier a été installé tardivement mais a servi intensément pour bloquer l'offensive allemande du printemps 1918, puis appuyer l'attaque alliée qui a mis fin à la guerre.

Il fut probablement construit au tout début de 1918 et devint opérationnel le 10 mars 1918, date à laquelle l'escadrille 214 en prit possession.

Cette escadrille était équipée d'avions Handley Page 0/100 qui étaient les plus gros bombardiers britannique à l'époque (bimoteur, poids de 6 tonnes, équipage de 4 hommes). Ils ont opéré de nuit dans un rayon de 300 à 500 km.

En juillet et août 1918 les escadrilles 58 et 215 équipées du 0/400, encore plus puissant, se sont illustrées par des vols audacieux en profondeur dans les lignes allemandes – disposant chacune d'une dizaine de bombardiers.

Des appareils de cette taille nécessitaient de longues pistes d'envol relativement plates qui ont dû laisser des souvenir (réquisitions de terrains, délibérations du Conseil Municipal, logement chez l'habitant …)

Quatre autres escadrilles de bombardement léger ont aussi occupé le terrain : n°41,98,206 et 149 durant l'été et l'automne 1918.

La dernière escadrille utilisant l'aérodrome jusqu'au 2 février 1919 a été la 215.

Dans l'histoire de la RAF, l'aérodrome d'Alquines est très souvent cité et ses bombardiers ont contribué au succès final par de nombreuses attaques contre les voies de communication enemies.

L'aérodrome apparaît comme un élément important du patrimoine d'Alquines. »